Rothau

Population: 1557 habitants (les Rothauquois)

Maire: Marc Scheer

Superficie: 373 ha.

Cours d'eau: La Bruche et la Rothaine

Origine du nom: de l'allemand Aue, pré, et de rot, rouge. L'origine du nom Rothau, Pré rouge, est dûe au sol formé de sable et de terre rouge

Photo: Rothau vu de la route de Fréconrupt. Au centre, en haut, la vallée de la Rothaine qui conduit, à droite vers Wildersbach, à gauche vers Neuviller la Roche.

Rothau : historique

Les poteries remarquables réalisées à la sortie de la vallée de la Bruche durant la période gallo-romaine n'ont laissé aucun souvenir dans l'artisanat local. De même l'exploitation ancienne des forêts, si elle explique l'importance des scieries, n'a pas donné naissance à une industrie importante.
Notre région a connu successivement deux grandes activités industrielles : l'extraction du minerai de fer et l'industrie du fer de la fin du XVIe siècle au début du XIXe siècle, puis l'industrie textile qui semble prendre sa succession. Nous verrons qu'en réalité cela n'est pas.
Remontons en 1584. Le comte Georges-Gustave est installé au château de Rothau, d'où il organise l'exploitation méthodique de toutes les ressources de son domaine. Il y avait à cette époque cinq galeries ouvertes à l'extraction du minerai, toutes situées sur le versant nord-est de la colline du Chenôt, tandis qu'à la Minguette se trouvait une exploitation de surface. Le comte, secondé par Henri Weinkauf, bailli et directeur des mines jusqu'en 1594, fit construire trois hauts-fourneaux près des taillis de la Renardière, au pied du Chenôt. Son fils, le comte Jean-Georges, y ajouta des forges, un martinet, une platinerie (précurseur des laminoirs). Les vieilles routes furent réparées et de nouvelles routes carrossables construites, afin de faciliter l'écoulement des produits des forges de Rothau, par le Donon vers la Lorraine, par la vallée de la Bruche vers Strasbourg et le Rhin. La main-d'œuvre ne manquait pas, mais les hommes de métier étaient rares. Le comte favorisa l'immigration d'ouvriers spécialistes de la métallurgie. Pour les loger, eux et leurs familles, il fit construire des maisons ouvrières à proximité des mines et des ateliers, surtout dans les quartiers élevés, les " Hauts-bouts ", comme on les désigna plus tard.
L'industrie connut, pendant quelques années, une prospérité sans précédent dont Rothau, qui était le siège du bailli et d'un tribunal, tira plus particulièrement profit. Il y eut même à Rothau, à partir de 1587, une fonderie de monnaie dont le sire Jacques de Cumot fut le premier directeur. Malheureusement, l'emplacement de cette fonderie ne fut jamais identifié, pas plus que n'a été retrouvée sur place aucune pièce de la monnaie fabriquée à Rothau. Il est très probable qu'elle ne portait pas l'effigie des comtes de Veldenz, mais que la fonderie travaillait pour la Monnaie de la ville de Strasbourg. En effet le Sénat de cette ville élevait, en 1600, une réclamation contre la Monnaie de Rothau qui n'avait pas, prétendait-il le poids réglementaire. Cette réclamation était sans doute fondée car le comte régnant créait peu après le poste de contrôleur de la monnaie, dont le dernier titulaire fut jusqu'en 1619 G. Wolkenhauer.
Mais revenons en arrière, à l'époque où l'Allemagne, aussi bien que la France, étaient déchirées par les luttes religieuses. La paisible vallée de la Bruche vit passer, tour à tour, des détachements de troupes du Duc de lorraine et de celles des Guise, chefs de la " Ligue " ; ou encore, plus tard, des armées huguenotes.
C'est à cette époque tourmentée que, en 1592, le château de Rothau, trahi par un serviteur infidèle, fut livré aux troupes de Lorraine qui, après l'avoir pillé, le réduisirent en cendres. Seul le donjon fut préservé, grâce à sa construction massive. Il a malheureusement été tronqué et on n'en a pas reconstitué le toit dans sa forme originale.
Ce fut le commencement de temps bien durs pour le Ban-de-la-Roche. Les armées de passage ne se privèrent pas de nombreuses réquisitions en vivres et en objets de première nécessité. La population était déjà réduite à la misère lorsque fondit, en 1618, sur l'Europe centrale, la funeste Guerre de Trente Ans.
Les réquisitions reprirent alors de plus en plus pressantes, de plus en plus brutales, jusqu'à ce qu'il s'ensuivît d'abord le dénuement, puis la disette, et enfin la famine.
Sous la pression des évènements, le comte-palatin se vit contraint, en 1626, de fermer ses ateliers et d'arrêter l'exploitation des mines. Dans l'impossibilité de nourrir les travailleurs, il s'était bien adressé aux villes libres d'Obernai et de Strasbourg pour avoir des vivres, mais le peu qu'il obtint ne suffit que peu de temps à l'alimentation du peuple dont la détresse était grande. Pour comble de misère, les armées belligérantes laissaient maintenant très fréquemment des détachements à demeure dans les villages. C'est ainsi que de 1626 à 1629, le féroce comte Ernest de Mansfeld était établi au château de Rothau, tandis que ses troupes cantonnaient dans les environs. Après deux années de répit, un colonel suédois, avec un fort détachement de soldats, prenait possession du château et du village, jusqu'à ce que les troupes françaises vinssent les en chasser et prendre leur place.
C'est pendant l'occupation française que mourut le comte Georges-Gustave, en l'année 1633 ou 1634. Il semble du reste que ce ne fut pas à Rothau que cette mort se produisit, mais dans la vieille résidence familiale de Remigsberg, dans le Palatinat.
La succession échut à son fils Léopold-Louis, un enfant de 9 ans. C'était un héritage bien pesant que recueillait le jeune comte, en des temps aussi troublés. La seigneurie était complètement ruinée, et la misère fut bientôt si grande que la " peste charbonneuse " ne tarda pas à faire son apparition, causant d'effroyables ravages parmi la population. Le terrible fléau régna sur la contrée de 1640 à 1650.
Le désarroi dans lequel se débattait l'Empire, vers la fin de la guerre, fit que Léopold-Louis ne fut investi du fief du Ban-de-la-Roche qu'en 1654, par l'Empereur Ferdinand III. Mais le comte n'attendait rien de la faveur impériale. Il entreprit courageusement la reconstitution de son pays, payant partout de sa personne, relevant les ruines des maisons et des ateliers, réparant les chemins et les ponts. La population étant décimée par la guerre et par son habituel cortège de privations et d'épidémies, Léopold-Louis fit appel aux étrangers pour repeupler la vallée. Il y eut d'abord des colons venant du pays de Montbéliard et de la Suisse et, avec ces derniers, nombre de réfugiés huguenots qui avaient d'abord cherché asile sur le versant suisse du Jura.
C'est au comte Léopold-Louis que revient le mérite d'avoir installé le premier régent à Rothau, un siècle avant Oberlin, le pasteur philanthrope de Waldersbach, appelé alors Waldbach. Ce régent, instituteur, était peut-être suisse d'origine, comme sont suisses, sans doute, les noms de famille Bernard, Bohy, Caquelin, Morel, Scheidecker, Sommer, etc., si répandus dans le pays aujourd'hui. Le comte lui-même vivait fort modestement au château de Rothau. Ses revenus étaient très réduits depuis la guerre, la seigneurie ne rapportait pas plus de 2700 florins par année, sur lesquels il fallait encore prélever l'intérêt et le misérable traitement du bailli de Rothau, Chrétien Holveck.
La première conséquence du traité de Westphalie, signé en 1648, fut, pour les petits seigneurs du territoire d'Alsace, désormais réuni au territoire de France, d'être invités à prêter le serment de soumission au roi Louis XIV. Le comte palatin, seigneur du Ban-de-la-Roche, refusa fièrement de reconnaître le nouveau maître, en suite de quoi il fut déclaré déchu de ses droits sur tous les fiefs qui lui appartenaient : La Petite Pierre, Phalsbourg et le Ban-de-la-Roche. Il mourut à Strasbourg en 1694. En l'absence de tout héritier mâle, les trois filles du seigneur défunt revendiquèrent la succession de leur père. Par un revirement surprenant dans la politique royale, les descendantes du dernier seigneur du Ban-de-la-Roche purent, sans aucune difficulté, entrer en possession de l'ancien fief paternel.
Les trois comtesses administrèrent ensemble les territoires qui leur étaient échus. Au Ban-de-la-Roche, et en particulier à Rothau, où elles séjournaient volontiers, leur administration laissait beaucoup à désirer. L'exploitation des mines et la bonne marche des ateliers avaient fort à souffrir de la négligence des intendants chargés des intérêts des propriétaires. En 1700 les hauts-fourneaux et ensuite les ateliers étaient arrêtés et les ouvriers s'expatrièrent en grand nombre.
Les deux aînées des comtesses étant décédées, la troisième, Dorothée, resta seule en possession des domaines paternels, jusqu'à sa mort, survenue en 1723.
Après l'extinction de la famille des Veldentz, le Ban-de-la-Roche devait fatalement échoir en partage, et d'une manière irrévocable, à la couronne de France.
En 1724 le duc d'Orléans, régent du Royaume, faisait don du Ban-de-la-Roche à Nicolas d'Angervilliers, intendant général d'Alsace, avec droit de succession pour sa fille, la marquise de Ruffec. A ce cadeau royal se rattachait la permission de rétablir dans la " seigneurie de Zumstein ou de la Pierre ", la forge et les mines en dépendant. Après le mariage de la jeune marquise avec le marquis de Paulmy de Voyer d'Argenson, ce dernier devenait seigneur du Ban-de-la-Roche qui, par faveur royale, était érigé en comté, en 1762. Mais le marquis préférait la cour de Versailles à la résidence trop bourgeoise du château de Rothau. Aussi fut-il heureux d'accueillir la proposition du baron Jean de Dietrich, stettmeister de la ville de Strasbourg, d'acheter la seigneurie, moyennant la somme de 320 000 livres. Le marché fut conclu en mars 1771 et portait les signatures de l'intendant général, comme représentant de la couronne, et du stettmeister, à qui la possession de la seigneurie conférait en même temps le titre héréditaire de comte du Ban-de-la-Roche.
Le baron Jean fit convoquer la population de Rothau et leur tint un discours dans lequel il faisait part de son achat et de sa volonté de faire de cette région une région prospère. En revanche il demandait l'obéissance et la confiance des habitants.
Géologue remarquable et administrateur prudent, Jean de Dietrich s'appliqua à donner à son petit pays le bonheur et le bien-être. Il développa considérablement l'industrie du fer. L'extraction du minerai fut intensifiée, de nouvelles galeries furent ouvertes, dont une sur territoire épiscopal, au Bambois. Les évènements de 1814 devaient en faire plus tard la grotte des partisans.
Le métal sortant des platineries de Rothau acquit bientôt un grand renom qu'essayèrent vainement de surpasser les forges de Framont, appartenant à la famille Champy. En 1788, le maître des forges Jean de Dietrich demandait et obtenait du roi Louis XVI un décret de garantie pour ses produits. A partir de ce moment, les lingots de fer sortant des forges de Rothau portaient tous une marque d'origine : un cor de chasse surmonté d'un R.
Vint la Révolution. Dès 1789, les forges de Rothau furent astreintes à une grande activité pour alimenter les manufactures d'armes, pourvoyeuses des armées de la République. Ces ateliers eurent même leurs " embusques ", des ouvriers spécialistes qui, par ordre du Gouvernement, devaient rester à la disposition des forges, afin que le travail ne subît aucun arrêt.
Le fils de Jean de Dietrich, Frédéric, fut élu maire de Strasbourg. Ce fut lui qui recueillit de la bouche de Rouget de Lisle les premiers accents enflammés de la Marseillaise, mais ce fut aussi lui qui, dénoncé comme suspect, fut arrêté, transporté à Paris, jugé sommairement et exécuté le 29 décembre 1793. Le comté, et en particulier les ateliers de Rothau, avaient été placés sous séquestre dès 1792 et exploités au profit de l'Etat.
Avec la chute de Robespierre et la fin du règne de la terreur, les fils du baron de Dietrich rentrèrent, le 2 vendémiaire an IV (24 septembre 1795), en possession du château, des mines et des forges de Rothau, ainsi que des forêts.
En 1795 Rothau fut chef-lieu de canton puis, en 1801, Schirmeck prenait sa place et l'a conservée jusqu'à nos jours.
Le retour des jeunes barons de Dietrich à Rothau, en 1796, ne rappelait guère l'entrée triomphale de leur aïeul, le stettmeister, vingt-cinq années auparavant. Découragés par les difficultés de la réorganisation du travail dans les mines et dans les ateliers, les héritiers de Frédéric de Dietrich décidaient, en 1799, de vendre tous leurs biens du Ban-de-la-Roche, comprenant le château, ainsi que les mines et les forêts, au citoyen Louis Champy, propriétaire des forges de Framont, pour la somme de 580 000 francs. Le contrat, passé à Strasbourg, porte la date du 3 octobre 1806.
Les nouveaux propriétaires supprimèrent d'abord tout travail à Rothau, pour concentrer leurs efforts sur le développement de leurs anciens établissements de Framont. En 1837 ils réalisèrent, avec le concours financier surtout de leur grande famille, la constitution d'une Société anonyme pour l'exploitation des mines, forges et usines à Framont et Rothau. A Rothau, les mines seules étaient encore exploitées, et le minerai en était dirigé sur les forges de Framont jusqu'à ce que, en 1849, la galerie du Bambois ne donnant plus qu'un faible rendement fût abandonnée. Vingt ans après, il n'y avait plus une seule galerie en exploitation et, en 1869, le pic des mineurs cessa de retentir dans les bois de Rothau. Mais les concessions minières n'en ont pas moins continué à subsister. Elles sont détenues, aujourd'hui encore, par la famille Coulaux de Molsheim.
Fort heureusement pour la population, une nouvelle industrie avait, au commencement du XIXe siècle, trouvé le chemin de la vallée : l'industrie textile.

Rothau en 1831: vue vers la vallée de la Rothaine


Naissance de l'industrie textile
Le textile ne prend pas le relais de la métallurgie, comme on l'a écrit, car celle-ci est encore florissante quand s'organisent les premières manufactures.
On observe ici un processus comparable à l'industrialisation des Vosges du Sud et de la Haute Alsace dûe à une convergence de facteurs:
- présence d'une main-d'œuvre abondante et peu exigeante par suite du surpeuplement rural;
- rôle de quelques personnalités actives, techniquement compétentes, animées à la fois par leur goût des affaires et leurs convictions protestantes;
- possibilité de disposer de capitaux de Strasbourg, Senones, Saint Dié et même Nancy.
Quelques hommes sont à l'origine du développement de l'industrie textile à Rothau.
Un anglais, Heywood (dit "Evaux"), après une fabrique à Senones, fonde à Labroque vers 1810 un premier tissage mécanique dans une ancienne propriété des comtes de Salm, puis une filature à Lutzelhouse et un tissage à Muhlbach. Il exploite pour cela le métier à tisser mécanique qu'il a pu ramener d'Angleterre.
Mais à Rothau le mérite de l'introduction de cette industrie revient sans conteste à Jonathan Wiedemann. Il installa les premiers métiers à tisser à bras, probablement dans l'immeuble connu depuis sous la dénomination de Château des puces. Quelques années plus tard, Wiedemann montait quelques métiers à tisser (mule Jenny) dans un ancien moulin situé au Haut-Bout. Plein de confiance en l'avenir, il construisait en 1808, dans le bas village, une grande maison qui lui servait non seulement d'habitation, mais encore de bureau de réception pour les produits des usines. Cette même maison a abrité jusque peu avant la Grande Guerre (1914-1918) les bureaux de la société "Steinheil Dieterlen". Avec l'appui financier de son ami Mathieu Bramberger de Strasbourg, Jonathan Wiedemann allait entreprendre la construction d'une grande filature mécanique lorsque survint, en 1815, la chute de l'Empire.Wiedemann ne put pas résister à la crise économique qui en fut la conséquence. Il succomba, laissant son associé seul aux prises avec les difficultés matérielles et financières de cette époque tourmentée. Plus heureux que Wiedemann, Pramberger réussit à se maintenir à flot et même à développer son industrie. A la suite d'une entente avec la Société des Mines, il put construire un tissage mécanique sur l'emplacement de la vieille forge, tout près de l'ancien martinet que nombre de Rothauquois se rappelaient avoir vu avant 1883. Quant à l'ancien projet de construction d'une filature, il ne fut réalisé qu'entre 1824 et 1831, après que la famille Champy eût déjà installé également une filature de coton sur l'ancien emplacement des hauts-fourneaux et platinerie de la Renardière. Cette filature, de même que plus tard le château, sont devenus depuis propriété de la société Steinheil Dieterlen.
Rothau en 1850Entrée de Rothau vers 1850. De gauche à droite: "La Roche de la Claquette"; le pont sur la Bruche que Nicolas Wolff avait fait sauter en 1814; la "Grande Filature" et la maison de M. Dieterlen (inchangée depuis); la maison construite en 1808 par Wiedemann, habitée par la suite par M. Steinheil et qui fut ensuite "les grands bureaux"; à l'extrême droite les bâtiments où Pramberger avait entrepris les premiers essais de blanchiment dès 1831; au premier plan l'étang, fort diminué depuis par le détournement de la Bruche et la construction de la voie ferrée.

 

 

En cette même année 1831 Pramberger faisait reprendre, avec plus d'ampleur, les essais de blanchisserie et de teinture que son concitoyen strasbourgeois Martin Hoesch avait tenté dès 1784. Cette branche de l'industrie cotonnière a pris un grand développement par la suite. Lorsque Mathieu Pramberger mourut, il laissait à sa veuve un établissement industriel et commercial en pleine prospérité.
L'année 1847 inaugurait une ère nouvelle pour l'industrie textile. Les usines de Rothau passaient aux mains des héritiers de Mme Pramberger sous la raison sociale G. Steinheil Dieterlen & Cie.
Dans le domaine social surtout, les Steinheil et les Dieterlen ont été des précurseurs. Les caisses d'assurance mutuelle de maladie et de vieillesse fonctionnaient à Rothau bien avant que, les prenant pour modèles, l'Empire allemand ne les introduisît dans sa législation sociale.
Cette époque portait la marque de l'esprit patriarcal régant à Rothau et dont le rayonnement favorisa et même stimula l'éclosion de nombreux établissements industriels dans route la vallée: F. Jacquel, d'origine suisse semble-t-il, ancien directeur de tissage chez Mme Pramberger, crée un tissage à Natzwiller en 1840; G. Marchal lance une affaire à La Claquette - Labroque en 1854.
Ainsi, en 1870, il y a une dizaine d'établissements textiles dans la vallée de la Bruche, puis en 1895 une usine Marchal et Cie s'installera à Wackenbach, et en 1897 un tissage sera créé à Barembach.
Tandis qu'en 1870 Dieterlen était allé fonder "en France" à Thaon une usine, les établissements de la vallée connaissent un grand essor, de 1900 à 1914 surtout, entraînant une nouvelle éclosion de filatures et tissages: à Saales, Dinsheim, … qui sont des filiales des précédentes.
Jusqu'en 1870 la France absorbait toute la production mais, après l'annexion à l'Allemagne, les barrières douanières françaises obligent à trouver des débouchés à Berlin, Leipzig … et la région connaît une brève période de chômage. Aussi le traité de Versailles prévoit-il que l'Allemagne acceptera pendant 5 ans l'entrée en franchise des produits alsaciens et lorrains: L'effet est salutaire jusqu'en 1925.
De 1918 à 1928 de nouveaux établissement apparaissent à Molsheim, Saint Blaise, Waldersbach, Grendelbruch. Marchal et Cie de La Claquette - Labroque devient un des plus grands groupes textiles d'Alsace, contrôlant des usines dans le Val de Villé, à Saint Dié et jusqu'à Troyes.
Mais après 1928 la crise touche la région et les ouvriers sont touchés périodiquement par le chômage.
A cette date il y a dans la vallée de la Bruche:
- 230 000 broches finisseuses;
- 8000 métiers à tisser.
Les 5 000 ouvriers et ouvrières jouissent de bonnes conditions de travail: sécurité mutuelle, caisses de maladies et de vieillesse étant déjà organisées.
La crise du textile ne touche que par périodes la vallée entre 1932 et 1939. Mais la guerre provoque des départs, puis l'annexion fut une période terrible pour une région située au pied du sinistre camp du Struthof.
Depuis 1945, l'industrie textile connaît des difficultés nombreuses et, en 1960, si des usines ont fermé leurs portes (les filatures de Schirmeck, de Wildersbach, le tissage de Saint Blaise), d'autres se maintiennent (Natzwiller) ou progressent encore (Steinheil Dieterlen).
Mais ça n'allait pas durer.
Bancs à broches de la filature

Dans les années 1950 on pénétrait facilement dans les usines!

(voir la page souvenirs d'enfance)